Canadian Arctic Adventure – Les Chiens du Grand Nord

17 08 2010

Dernière activité polaire avant un retour dans le Grand Sud…

Nos coéquipiers d’expédition nous ayant déjà quittés, Thanh Van et moi nous lançons donc dans une aventure canine de 2 jours à deux (enfin trois avec le guide…enfin 13 avec les chiens!).

Départ matinal, nous récupérons l’équipement nécessaire chez Louis-Philip (une grosse doudoune, des chaussures cold-proof de compétition, … et de quoi se nourrir !) et nous partons voir les chiens sur la banquise.

Nous faisons connaissance avec notre équipage : Buzz, Woody, Dowy, Ulu, Germaine, Lionel, … (et un autre qui ne faisait malheureusement pas partie de notre équipage : Patate !!)… C’est le fils de Louis-Philip qui a choisi les noms des chiens (peut-être une influence de Toy Story ?!?!), et c’est assez drôle d’entendre « Buzz arrête de tirer sur le côté ! », « Allez Patate on avance ! »…

 

Après un petit briefing sur le caractère de chacun, nous les avons attelés au qamotik (traineau). Pas facile d’attacher la dizaine de chiens sans emmêler les cordes : ca grogne, aboie, tire sur les cordes, … les chiens sont impatients…et nous voilà partis !

Le traineau avance à environ 10 km/h et est dirigé à la voix : les chiens les plus expérimentés sont placés en tête de meute, les plus jeunes sont sur les côtés.

 

Nous voilà donc au milieu de la banquise, sur un traineau, tirés par une meute de chiens magnifiques…elle est pas belle la vie ???

Pour aider les chiens et se réchauffer nous courons de temps en temps  à côté du qamotik… pas toujours évident mais parfois assez drôle : quelques chutes dues a une plaque de glace ou à l’enfoncement de la neige suivies de course-poursuite pour récupérer le traineau.

Et malgré ce que l’on peut penser, ce n’est pas toujours facile de se déplacer sur la banquise et le paysage est loin d’être monotone : de loin on a l’impression que tout est d’un blanc uniforme et aveuglant sous le soleil, mais de plus près, la banquise s’avère morcelée, fissurée, craquelée et hérissée de plaques de glace. La banquise c’est quand meme avant tout la mer gelée…une mer soumise au vent, aux courants et aux marées. Tout autant de tensions qui causent des craquements, des ruptures, des failles dans l’épaisse couche de glace et des amas de blocs de glace près des rivages.

Mais pas de stress : Etienne est là pour gérer les chiens et la trajectoire du qamotik.

Après une journée de course dans la neige entrecoupée de pauses dans le traineau ou avec les chiens, de gros câlins baveux et plein de poils, quelques chutes, une tonne de photos sur un fond de paysage blanc à perte de vue, nous choisissons un endroit pour la nuit.

Nous nous occupons d’abord des chiens puis de notre campement.

Nous mettons donc en application la méthode apprise lors de la formation de camping d’hiver :

- Trouver un endroit assez plat ou la neige semble confortable (pas de glace…)

- Tasser la neige en la piétinant (ca évite de s’enfoncer en dormant…et de se retrouver dans un trou glacé, dur et inconfortable le lendemain matin)

- Monter la tente

- Attendre que la neige durcisse et fixer la tente

Affamés et soucieux de notre réserve d’eau, nous ramassons de la neige vierge et la faisons fondre sur le réchaud. Au menu : un plat lyophilisé, du thé, et des graines.

Après un petit tour de reconnaissance autour du campement, nous nous couchons…et là : surprise ! Dormir à côté d’une meute de chiens (même fatigués par une journée de course) ce n’est pas aussi tranquille qu’on le croit : chaque petit animal qui s’aventure dans le coin cause une multitude d’aboiements, et, même au sein de la même meute, les chiens se querellent (surtout quand ils sont attachés près les uns des autres).

Réveil matinal (ca devient presque une habitude), et après un bon petit-déjeuner, nous détachons les chiens, les attelons et repartons vers Iqaluit.

Le retour se fait dans le calme : les chiens ont compris qu’ils rentraient et connaissent le chemin.

Nous rentrons finalement en début d’après-midi…ce qui nous laisse le temps pour une bonne douche (ah oui…sans vouloir détruire l’image idyllique des excursions en qamotik, la composante « odeur » est bien présente), avant de retourner une dernière fois flâner en ville.

Note Inuktitut :

En terre inuit, la disposition des chiens est toujours en éventail : si l’un d’eux venait à tomber dans un trou d’eau il n’entraînerait pas le reste de l’attelage.

Note vestimentaire Inuktitut :

La plupart des mamans portent le manteau traditionnel inuit Amautik : le bébé est blotti contre le dos de sa mère et se retrouve au chaud sous le capuchon quand la maman le remonte sur sa tête.





Canadian Arctic Adventure – La Banquise d’Iqaluit

22 07 2010

Réveil matinal…d’autant plus matinal pour Thanh Van et moi que notre réveil avait 1h de retard, résultat nous nous sommes levés 1h en avance. On a donc pu prendre notre temps pour le petit-déjeuner!

Aujourd’hui le programme c’est de se promener en motoneige sur la banquise et d’aller voir le “Flow Edge” c’est-à-dire la limite entre la banquise et l’eau. C’est à cet endroit que les phoques remontent à la surface pour prendre de l’air et donc à cet endroit qu’on trouve les chasseurs et potentiellement les ours polaires.

Nous  passons donc chez Louis-Philipp pour récupérer l’équipement nécessaire: lunch, bottes super chaudes, arme de défense contre les ours au cas où, … Puis nous allons chercher les motoneiges. Après un rapide briefing sur les rudiments de pilotage, nous partons sur la glace.

Nous nous arrêtons rapidement voir les chiens de Louis-Phillip (ils sont beaux!!), et nous nous dirigeons vers le flow edge.

Comme prévu, le paysage est…blanc. Spectaculaire et blanc.

  

Une fois près du but, nous sommes un peu déçus: les conditions de glace sont telles qu’il est trop dangereux de s’approcher du bord, trop de risque de s’embourber car il y a une couche d’eau entre la neige et la glace…même les pêcheurs locaux ne se sont pas approchés de l’eau vive. On fait donc demi-tour.

On décide donc de continuer notre découverte de la banquise plus loin du flow edge et d’aller manger dans une cabine pas très loin.

 

En route, nous avons admiré les effets de la marée sur la glace: des gros blocs de glace sortent de la banquise (sympa pour faire un peu de cross avec la motoneige…)  et une sorte de mur de glace sur les côtes…en fait le « mur de glace » c’est juste que la banquise est une grosse plaque de glace qui monte et qui descend le long de la terre, à marée basse la banquise descend et on a donc l’impression qu’il y a un mur de glace (qui apparemment peut atteindre 6m dans ce coin).

Retour sur la terre ferme réussi…enfin presque…mon chauffeur Thanh Van s’est essayé a faire un peu de hors-piste et nous avons du pousser la motoneige (oui c’est peut-etre pas évident sur la photo mais on a galéré un peu…)!

J

Comme on a malgré tout bien apprécié la banquise, on a décidé de passer une 2e journée dessus…avec nos planches et nos voiles cette fois-ci !!

 

Petite séance d’apprentissage pour mon élève, et quelques traversées tractées pour moi. Le vent n’était pas énorme mais le paysage est tellement enchanteur…

Que du plaisir !





Canadian Arctic Adventure – Iqaluit

20 07 2010

De retour de Pang, après un vol assez calme, nous passons au bureau de Louis-Philipp pour déposer le traineau et l’équipement de camping. Nous repassons rapidemment au B&B où nous faisons connaissance avec la nouvelle locataire, très polie puisqu’elle n’ose pas nous dire que nous sentons vraiment.

Sans prendre de douche (oui on s’habitue à l’odeur…), nous partons à la découverte d’Iqaluit.

Notre tour de ville commence par le Visitor Center où une petite exposition sur l’histoire et la culture Inuit est présentée. Rapide mais instructif.

 

Nous nous dirigeons ensuite dans le bâtiment voisin: le Musée d’Iqaluit. On y trouve des photos de la communauté au début de sa création (1958), une exposition d’art Inuit…et un gift shop que nous avons devasté!

Il faut avouer que le Gift Shop valait le détour. Les artistes locaux y mettent leurs oeuvres: sculptures, couteaux, broderies, bijoux, livres, … et nous y avons trouvé notre bonheur. Il faut dire aussi que tout est vendu detaxé et beaucoup moins cher que dans les galeries d’art montréalaises.

Avant de rentrer au B&B, nous faisons un détour au Arctic Venture, centre commercial d’Iqaluit, où nous avons trouvé des livres sur les légendes et contes Inuit, ainsi que sur les expéditions arctiques.

Après une bonne douche (aaaaaaaahhhhhhhh enfin!!!!), nous allons chez Louis-Philipp où nous avons admiré la vue imprenable sur la banquise et profité des talents de cuisinier de Dumindra. Au menu: omble de l’arctique, riz, salade de fruit…mmmmhhhh!!





Canadian Arctic Adventure – Pangnirtung

20 07 2010

De retour à Pang donc après une « ride » en motoneige très sympa.

 

Nous faisons le tour du Visitor Center de Pang en attendant notre hôte : exposition intéressante sur les coutumes inuit, et jeune homme très gentil qui nous donne quelques informations supplémentaires…

Nous faisons ensuite rapidement la connaissance de Rosemary qui va nous loger chez elle pour la nuit. Elle habite une maison agréable avec ses 3 enfants ou il règne un joyeux bazar : on s’y sent tout de suite à l’aise.

Nous posons rapidement nos affaires et partons profiter de Pang.

 

Nous commençons par visiter l’Art Center comprenant ses ateliers de tissage et d’estampes. Ce centre est réputé internationalement pour ses tapisseries traditionnelles.

En nous promenant, nous constatons que certaines maisons de Pang sont littéralement ancrées au sol car la région est spécialement venteuse

Nous sommes ensuite allés découvrir le supermarché du village…visite très instructive!! En inspectant les rayons on comprend un peu mieux les habitudes alimentaires d’ici : la bouteille de 2L de lait est à 15$ et les pommes sont a 7$ le kilo alors que les chips et  le Coca restent très abordables …

Notez aussi que toutes ces « visites » se font dans une atmosphère olfactive spéciale : il faut avouer que 4 jours de randonnée sans douche et avec les mêmes vêtements ca se remarque…et ca se sent.

De retour chez Rosemary, nous avons un peu honte de notre état mais cela ne nous empêche pas de nous écrouler dans le salon et de profiter du repas frugal qu’on nous a préparé. Nous avons ensuite vite rejoint nos lits…

Le lendemain matin, avant de rentrer à Iqaluit, et après un énorme petit-déjeuner (saucisses-gaufres), nous sommes allés acheter de l’omble de l’Arctique fraichement péché dans le fjord (Arctic Char) en vue d’un bon repas et sur une idée de Dumindra (très très bonne idée).

 

Note Inuktitut :

Pangnirtung a été déclarée « ville sèche » pour lutter contre l’alcoolisme : le commerce d’alcool y est en effet interdit.

…et juste pour le plaisir:

 





Canadian Arctic Adventure – Auyuittuq Park Trail

17 06 2010

Premier matin dans le parc…et début de notre « expédition »!!

Notre itinéraire a changé plusieurs fois, dû aux conditions de glace et conditions météos, mais nous nous sommes bien baladés :

-          J1 : de Crater Lake à Windy Lake

Réveil à 8h. Après un petit gruau (mmmhhhh trop bon!…ou pas), on range le camp et c’est parti!

Au bout de 200m on se retrouve sur une section de terrain où il n’est pas possible de trainer le traineau…on le porte donc. Le traineau est globalement assez lourd et le terrain un peu accidenté, mais grâce à notre esprit d’équipe  et notre patience nous venons à bout des obstacles…avec quelques chutes anodines du genre « je passe a travers la glace et je reste coincée avec une jambe entièrement enfoncée et mon sac à dos est trop lourd pour que je me relève toute seule ».

 

Le reste de la journée se passe sans encombre. Notons quand même que nous avons passé le cercle polaire ce jour-là!!!

Nous sommes arrivés à Windy Lake en fin d’après-midi sous le soleil.

Après une petite pause « doudoune » bien méritée, nous nous sommes divisés en petits groupes pour monter le camp…sauf Camille et moi qui, comme on avait froid, avons décidé de faire une petite balade pour atteindre un point de vue sur le Mont Thor.

Petite montée rigolote, quelques traces de caribous et de renards, quelques glissades sur les fesses…et on arrive à un point de vue pas mal…

Après un bon diner chaud, on part se refugier dans la tente…et c’est assez difficile de dormir : des rafales de 60 à 70 km/h de vent (estimation faite par notre guide…) secouent la tente (qui va d’ailleurs se détacher partiellement). Nuit agitée donc!!

-          J2: boucle de Windy Lake en passant par le Mont Thor

Tout d’abord aujourd’hui c’est la journée où je me débarrasse de la nourriture!! Et oui,  je transportais les repas du 27…je vais être légère!!

Une fois n’est pas coutume, ce matin on a du Nutella au petit-déjeuner. Évidemment le Nutella a gelé…mais rien ne nous arrête : après l’avoir réchauffé au bain-marie on peut même le tartiner!

Cette journée est de loin la journée la plus chaude et la plus ensoleillée du voyage! Et je dois avouer que d’un point de vue paysage c’était aussi une des journées les plus impressionnantes.

Nous partons donc le ventre bien plein…et après quelques mètres seulement nous tombons face à un lièvre arctique tout blanc. Notre premier (et seul) animal du parc!

Après quelques instants d’observation, nous arrivons a la conclusion que quand même il ressemble franchement au lapin d’Alice au Pays des Merveilles à la différence près qu’il n’a pas de montre (merci à Damien pour cette observation).

La marche d’aujourd’hui nous permet tout d’abord de monter admirer Windy Lake tout gelé et d’avoir une vue plongeante sur la vallée avec le Mont Thor en arrière-plan.

 

Puis nous redescendons dans la vallée et nous approchons du Mont Thor.

Après quelques glissades et quelques chutes, beaucoup de photos, un ou 2 approvisionnements en eau, un repas au soleil sur une grosse pierre, … nous faisons demi-tour et rentrons au camp.

 

-          J3 : de Windy Lake à Overload

Réveil matinal et frais. En effet il y a du givre partout : à l’extérieur ET à l’intérieur de la tente…ce qui inclut aussi sur le sac de couchage. Il faut donc se motiver pour sortir de la chaleur relative du sac de couchage…et une fois dehors le paysage est féerique.

On finit le pot de Nutella, démonte les tentes, refait les sacs…et c’est parti!!

Les nuages donnent un aspect mystérieux et une atmosphère de bout du monde.  Le paysage est transformé.

Nous marchons finalement jusqu’à Overload, plus loin que prévu donc, la cabane d’entrée du parc où Joe Evi viendra nous chercher en motoneige le lendemain. Tout se passe bien : les conditions de glace sont plutôt bonnes pour faire glisser le traineau (à l’exception du même passage qu’a l’aller), il fait globalement plus froid que les autres jours et il y a pas mal de vent mais on avance bien.

Arrivés à Overload, nous pelletons de la neige pour la faire fondre, nous remplissons nos bottes de talque (euh oui on est un peu humides…suite à une cassure dans la glace) et nous nous installons dans la cabine d’urgence.

-          J4 : de retour à Pang

Nous avons a peine le temps de ranger toutes nos affaires et prendre le petit-déjeuner et c’est déjà le moment de retourner a Pang : les motoneiges nous attendent…et les Inuits nous accueillent en nous annonçant la victoire des Canadiens de Montréal aux séries (nouvelle qui semble peut-être anodine pour des non-Montréalais mais qui a toute son importance même au cercle polaire apparemment!).

 

Note Inuktitut :

Pour comprendre le contexte de notre « expédition polaire » il faut tout d’abord comprendre que notre principale inquiétude était la gestion du froid.

En effet, les températures étant assez froides en général (bon là il faut avouer que nous étions plutôt dans la partie haute des moyennes saisonnières), et qu’il n’y a pas d’arbres (et donc pas de bois…et donc pas de feu), notre principale source de chaleur pour ces quelques jours a été…nous.

Il est important de ne pas avoir froid (oui parce qu’après pour se réchauffer c’est pas facile)…ni d’avoir chaud! Notre principal « ennemi » c’est l’humidité : une fois humide le froid pénètre plus rapidement et les tissus gèlent avant de sécher.

La stratégie est assez simple : avoir plusieurs couches de vêtements et les enlever/remettre en fonction de comment on se sent.

A la fin de la journée, et après avoir monté le camp, Louis-Philip nous avait fourni une grosse doudoune en duvet qu’on mettait par-dessus notre équipement de la journée. Super agréable, très sexy et…nécessaire en fait!

Évidemment toutes nos affaires étaient aussi sujettes à geler (en particulier la nourriture, la crème, le dentifrice, l’eau…) ou à devenir particulièrement froides. La méthode pour, par exemple, ne pas avoir à remettre des vêtements gelés le matin (et je n’exagère pas quand je dis « gelés », c’est littéralement le cas), c’est de les garder dans le seul endroit chaud de la tente pendant la nuit : le sac de couchage! Il faut donc s’imaginer le nombre de choses qui trainent dans le sac de couchage pendant la nuit!! Appareil photo, gourde, vêtements, graines, crème solaire (oui oui ca gèle et après c’est plus difficile à étaler), lingettes nettoyantes (c’est pas vraiment agréable de se « laver » avec une lingette à moitié durcie par le gel), gants, bonnet, …

C’est donc une question de logistique quand on va se coucher : ne pas oublier de mettre le nécessaire dans le sac de couchage, bien fermer la capuche pour ne laisser dépasser que le strict nécessaire en dehors (c’est-a-dire le nez pour respirer) et ne plus bouger!!

Autre petite astuce pour réchauffer son sac de couchage plus vite : mettre une gourde pleine d’eau chaude genre bouillote, et courir un peu avant de se coucher.

Toute une organisation!!!

En moyenne, nous avons eu des températures entre -10 et -15 la nuit et entre -5 et -10 la journée (sans compter le facteur vent dans le parc), ce qui globalement est plutôt chaud pour l’endroit et la saison.

Notez aussi que durant la journée, il est important de penser à mettre son lunch au chaud si on ne veut pas manger une tortilla gelée. D’ailleurs en parlant de ca, Camille a été élue Miss Tortilla à la majorité…puisqu’elle était capable de mettre toutes les tortillas des lunchs dans sa doudoune bleue tellement il y avait de la place!





Canadian Arctic Adventure – Pang et Auyuittuq National Park

10 06 2010

Sac: check, tortillas: check, équipement de ski et de camping: check, billet d’avion: check…c’est parti pour l’aventure!!

On quitte le B&B d’Iqaluit sous le soleil avec nos sacs et tout l’équipement de ski et de camping d’hiver.

Après avoir fait le check-in de tous nos sacs et de notre traineau, on embarque dans un super avion à hélices plein (18 personnes quand même!). Voyage fait sans encombre et dans une ambiance euphorique…on a trop hâte d’arriver!

Atterrissage impressionnant à Pang: la vue est superbe, et Pang est une communauté assez petite (~1600 habitants). Dès l’arrivée, on récupère tout notre matériel et on se dirige directement au Centre des Visiteurs de Parc Canada pour assister au briefing sécurité/information qui nous donne le droit d’entrer dans le parc.

La topologie du parc est assez particulière : 1 vallée et une calotte glacière (qui représente 80% de la superficie du parc). Normal donc que 99% des visiteurs restent dans la vallée (ce que nous allons faire aussi)!

Nous apprenons donc que le plus grand danger dans le parc ce n’est pas de se faire manger par un ours…mais bien de tomber dans un trou ou dans l’eau!! D’autant plus que d’après les « alertes ours » nous avons très peu de chance d’en croiser un. En plus nous serons les 7 seules personnes dans le parc…une impression d’être seuls au bout du monde!

 

Par contre, surprise! Comme il n’y a pas assez de neige (qui l’eut cru??), nous abandonnons l’idée de partir en ski de rando : c’est donc parti pour la bonne vieille méthode de randonnée pédestre, avec des crampons parce que faute de neige il y a quand même pas mal de glace.

Après avoir revérifié et rééquilibré les sacs, nous nous installons confortablement dans les traineaux derrière les snowmobiles pour arriver jusqu’à notre premier camp. Voyage un peu « bumpy » mais vraiment magnifique.

 

 

Premier soir dans le parc :

-  Montage des tentes : 1h30,

-  Corvée d’eau : 15 minutes + 1 chaussure humide et 6 doigts gelés,

-  Montée pour admirer Crater Lake a la lueur de la lune : 30 minutes + quelques photos,

-  Premier diner : des nouilles chinoises dans la tente!

Note Inuktitut : la gestion de l’eau et des déchets dans les communautés de l’Arctique

C’est un sujet qui nous semble banal : de l’eau qui sort du robinet quand on l’ouvre c’est assez normal dans le « Sud »…mais ici c’est une autre histoire. Nous n’avons pas manqué d’eau du tout, ce n’est pas ce que je voulais dire. On a seulement remarqué un mystérieux « ballet » de camions qui sillonnaient les rues tous les jours et d’étranges petites lumières fixées a chaque maison bien en évidence à côté.

L’explication est assez simple…

L’eau est en fait acheminée par camion dans chaque maison et les déchets des toilettes sont pompés par ces mêmes camions. Quand la petite lumière devant la maison s’allume (ou s’éteint…en fonction de la communauté dans laquelle vous vous trouvez), les conducteurs de camions qui sillonnent les routes s’arrêtent pour ravitailler.

Le désavantage de cette technique est bien entendu qu’en cas de tempête on ne sait pas trop quand pourra avoir lieu le prochain ravitaillement…





Canadian Arctic Adventure – Les premieres decouvertes

18 05 2010

Après avoir posé nos affaires au B&B, on part préparer notre “expédition” au Cercle Arctique avec Louis-Phillip.

Au programme: distribution de l’équipement (tente, sac de couchage, matelas, doudounes, pantalons en duvet, …) et de la nourriture, organisation des sacs, essayages de chaussures de ski et  “location” des skis dans l’école francophone d’Iqaluit.

 

On est presque prêts…restent les dernières affaires à mettre dans le sac et les tortillas à tartiner.

 

Et pour notre première nuit en Arctique, nous avons droit à un joli spectacle avant de nous écrouler dans notre lit: une aurore boréale!!! Magnifique!! Pas le temps/envie de courir chercher l’appareil…mais qu’est ce que c’était beau!!

Note Inuktitut de la journée:

En passant dans les rues d’Iqaluit, on a aperçu une peau d’ours polaire en train de sécher devant une maison. On a donc appris qu’on est en période de chasse, et qu’il existe une réglementation à ce sujet.

Tout d’abord, un quota d’ours est assigné à chaque communauté et celui d’Iqaluit est de 19. Ensuite la saison de chasse est divisée en 2. Pendant la première période, tous les Inuits partent à la chasse (les non-Inuits sont interdits) et dès qu’un certain pourcentage du quota est atteint la chasse est interrompue (pour Iqaluit c’est lorsque 10 ours ont été chassés). Pour la 2e période, tous les chasseurs déposent leur nom et un tirage au sort est organise. Le nombre de chasseurs autorisé est égal au nombre d’ours restants à tuer (donc 9 pour Iqaluit). Les gagnants du tirage au sort ont ensuite une durée limitée pour chasser leur ours, une fois le délai passé la chasse est arrêtée. Le quota n’est donc pas forcément atteint.





Canadian Arctic Adventure – Briefing Gastronomique

12 05 2010

Donc j’ai déjà dit que nous n’avions pas mangé de phoque…mais vous allez peut-être être étonnés de la composition de nos repas.

Ici il n’y a pas d’arbres, la terre est gelée au moins 80% du temps…et donc pas d’agriculture possible. La chasse et la pêche était les principales sources de nourriture des Inuits avec la cueillette de baies.

C’est donc pour ca que les produits frais sont très chers en supermarché: ils sont acheminés par avion ou bateau depuis le “Sud”. Pour exemple, nous avons trouvé 2L de lait pour 15$, et 2kg de pommes pour 14$…tandis que les paquets de chips et Coca-Cola étaient un peu plus chers qu’ à Montréal mais à prix toujours abordable.

Nous avons donc fait les courses à Montréal et avons tout ramené à Iqaluit. Au menu: soupe en sachet, pâtes, riz, jambon, knackis, cream cheese, nutella, bagels…de vrais gourmets!

Et notre plat favori pour les midis: les tortillas!! Petite explication: les tortillas ont l’avantage d’être une sorte de pain qui ne contient pas beaucoup d’eau…et donc qui n’a pas trop tendance à geler dans le sac. Voici pourquoi nous nous sommes exclusivement nourris de tortillas le midi…et je pense qu’aucun de nous 6 n’en mangera dans les prochaines semaines!!

En plus des repas, nous avions tous préparé notre “sac de graines” contenant notre mélange d’amandes, noisettes, noix, fruits secs, Gummies (hhhuuuumm!), chocolat, … Ces mélanges, toujours à portée de main, sont très pratiques pour redonner un peu d’énergie quand on se bat au froid, ne gèlent pas non plus (à la différence des barres de céréales qui, une fois gelées, peuvent casser des dents :-) !). Ca permet aussi, en cas de grand froid, d’étaler les apports énergétiques tout au long de la journée sans perdre trop d’énergie à digérer un gros repas à midi.

A ce sujet, je tiens à dire que nous avions surestimé nos besoins en graines…et que malgré les moqueries c’est Damien qui en avait le plus! ;-)





Canadian Arctic Adventure – Le depart

12 05 2010

L’Arctique? Oui: le Nunavut…et plus précisément l’Ile de Baffin.

Le Nunavut, “notre Terre” en Inuktitut, se trouve au Nord du Québec et est un territoire indépendant du Canada depuis 1999. C’est un territoire inukophone principalement habité par les Inuits, bien qu’on y retrouve une communauté de non-Inuits u(surtout a Iqaluit sa capitale).

L’Ile de Baffin est la plus grande ile de l’archipel arctique canadien et fait partie du territoire du Nunavut.

Après un voyage dans des conditions normales (* voir notes plus bas pour plus de détails), l’arrivée sur Iqaluit est intimidante: c’est tout blanc à perte de vue!!

 

Une fois débarqués, nous retrouvons le gars du B&B où nous allons loger, Louis-Phillip (notre guide pour nos futures expéditions) que nous avons reconnu du premier coup (facile!!), et Camille et Damien qui sont venus nous accueillir (ils étaient arrivés la veille).

Nous voila donc tous réunis: Camille, Damien, Dumindra, Katarzyna, Thanh Van et moi!! Le groupe de Montréalais avide d’aventures et qui n’a pas froid aux yeux!!

*notes prises durant notre départ:

5h22: réveil…un peu difficile!

5h49: Thanh Van sonne à la porte

7h15: on est devant la porte d’embarquement…et on a hâte de partir

8h31: décollage

8h37: on trouve les mots croisés dans le Air Canada Magazine…on est trop nuls alors on triche pour les finir

9h14: atterrissage à Ottawa. Tout le monde descend!! Sauf nous…on attend Dumindra et Katarzyna.

9h26: On attend toujours Dumindra et Katarzyna

9h31: craquage nerveux…c’est le drame!

9h41: Katarzyna apparait à la porte de l’avion!!

9h44: on se rend compte qu’on a oublié les croutons et la préparation César pour notre salade…et Thanh Van se moque de moi!

9h45: on va partir…ou pas!

9h48: on décolle!!! Aaaaaaahhh!

9h53: Je suis une célébrité dans l’avion, l’hôtesse de l’air connait toute ma vie parce que Camille et Damien lui ont parlé de moi hier…du coup j’ai le droit à un coussin pour ma cheville.





L’Aventure Polaire – FAQ

12 05 2010

Suite à beaucoup de questions, voici en vrac les réponses à vos questions les plus fréquentes:

- Nous n’avons malheureusement (ou heureusement?) pas vu d’ours polaire

- Nous n’avons pas bu du sang de  phoque après l’avoir chassé (et nous n’avons pas chassé de phoque…)

- Nous n’avons pas mangé de phoque

- Nous n’avons pas dormi sur des peaux d’ours dans un igloo

- Nous ne savons toujours pas si les Inuits se font des “bisous d’esquimaux” (j’ai oublié de demander!!!)

- Personne n’est mort de froid, ni n’a perdu des orteils/doigts à cause du froid pendant notre séjour

J’ai oublié des questions? N’hésitez pas à me les envoyer! :-D








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