Dernière activité polaire avant un retour dans le Grand Sud…
Nos coéquipiers d’expédition nous ayant déjà quittés, Thanh Van et moi nous lançons donc dans une aventure canine de 2 jours à deux (enfin trois avec le guide…enfin 13 avec les chiens!).
Départ matinal, nous récupérons l’équipement nécessaire chez Louis-Philip (une grosse doudoune, des chaussures cold-proof de compétition, … et de quoi se nourrir !) et nous partons voir les chiens sur la banquise.
Nous faisons connaissance avec notre équipage : Buzz, Woody, Dowy, Ulu, Germaine, Lionel, … (et un autre qui ne faisait malheureusement pas partie de notre équipage : Patate !!)… C’est le fils de Louis-Philip qui a choisi les noms des chiens (peut-être une influence de Toy Story ?!?!), et c’est assez drôle d’entendre « Buzz arrête de tirer sur le côté ! », « Allez Patate on avance ! »…
Après un petit briefing sur le caractère de chacun, nous les avons attelés au qamotik (traineau). Pas facile d’attacher la dizaine de chiens sans emmêler les cordes : ca grogne, aboie, tire sur les cordes, … les chiens sont impatients…et nous voilà partis !
Le traineau avance à environ 10 km/h et est dirigé à la voix : les chiens les plus expérimentés sont placés en tête de meute, les plus jeunes sont sur les côtés.
Nous voilà donc au milieu de la banquise, sur un traineau, tirés par une meute de chiens magnifiques…elle est pas belle la vie ???
Pour aider les chiens et se réchauffer nous courons de temps en temps à côté du qamotik… pas toujours évident mais parfois assez drôle : quelques chutes dues a une plaque de glace ou à l’enfoncement de la neige suivies de course-poursuite pour récupérer le traineau.
Et malgré ce que l’on peut penser, ce n’est pas toujours facile de se déplacer sur la banquise et le paysage est loin d’être monotone : de loin on a l’impression que tout est d’un blanc uniforme et aveuglant sous le soleil, mais de plus près, la banquise s’avère morcelée, fissurée, craquelée et hérissée de plaques de glace. La banquise c’est quand meme avant tout la mer gelée…une mer soumise au vent, aux courants et aux marées. Tout autant de tensions qui causent des craquements, des ruptures, des failles dans l’épaisse couche de glace et des amas de blocs de glace près des rivages.
Mais pas de stress : Etienne est là pour gérer les chiens et la trajectoire du qamotik.
Après une journée de course dans la neige entrecoupée de pauses dans le traineau ou avec les chiens, de gros câlins baveux et plein de poils, quelques chutes, une tonne de photos sur un fond de paysage blanc à perte de vue, nous choisissons un endroit pour la nuit.
Nous nous occupons d’abord des chiens puis de notre campement.
Nous mettons donc en application la méthode apprise lors de la formation de camping d’hiver :
- Trouver un endroit assez plat ou la neige semble confortable (pas de glace…)
- Tasser la neige en la piétinant (ca évite de s’enfoncer en dormant…et de se retrouver dans un trou glacé, dur et inconfortable le lendemain matin)
- Monter la tente
- Attendre que la neige durcisse et fixer la tente
Affamés et soucieux de notre réserve d’eau, nous ramassons de la neige vierge et la faisons fondre sur le réchaud. Au menu : un plat lyophilisé, du thé, et des graines.
Après un petit tour de reconnaissance autour du campement, nous nous couchons…et là : surprise ! Dormir à côté d’une meute de chiens (même fatigués par une journée de course) ce n’est pas aussi tranquille qu’on le croit : chaque petit animal qui s’aventure dans le coin cause une multitude d’aboiements, et, même au sein de la même meute, les chiens se querellent (surtout quand ils sont attachés près les uns des autres).
Réveil matinal (ca devient presque une habitude), et après un bon petit-déjeuner, nous détachons les chiens, les attelons et repartons vers Iqaluit.
Le retour se fait dans le calme : les chiens ont compris qu’ils rentraient et connaissent le chemin.
Nous rentrons finalement en début d’après-midi…ce qui nous laisse le temps pour une bonne douche (ah oui…sans vouloir détruire l’image idyllique des excursions en qamotik, la composante « odeur » est bien présente), avant de retourner une dernière fois flâner en ville.
Note Inuktitut :
En terre inuit, la disposition des chiens est toujours en éventail : si l’un d’eux venait à tomber dans un trou d’eau il n’entraînerait pas le reste de l’attelage.
Note vestimentaire Inuktitut :
La plupart des mamans portent le manteau traditionnel inuit Amautik : le bébé est blotti contre le dos de sa mère et se retrouve au chaud sous le capuchon quand la maman le remonte sur sa tête.



























































































