Canadian Arctic Adventure – Auyuittuq Park Trail

17 06 2010

Premier matin dans le parc…et début de notre « expédition »!!

Notre itinéraire a changé plusieurs fois, dû aux conditions de glace et conditions météos, mais nous nous sommes bien baladés :

-          J1 : de Crater Lake à Windy Lake

Réveil à 8h. Après un petit gruau (mmmhhhh trop bon!…ou pas), on range le camp et c’est parti!

Au bout de 200m on se retrouve sur une section de terrain où il n’est pas possible de trainer le traineau…on le porte donc. Le traineau est globalement assez lourd et le terrain un peu accidenté, mais grâce à notre esprit d’équipe  et notre patience nous venons à bout des obstacles…avec quelques chutes anodines du genre « je passe a travers la glace et je reste coincée avec une jambe entièrement enfoncée et mon sac à dos est trop lourd pour que je me relève toute seule ».

 

Le reste de la journée se passe sans encombre. Notons quand même que nous avons passé le cercle polaire ce jour-là!!!

Nous sommes arrivés à Windy Lake en fin d’après-midi sous le soleil.

Après une petite pause « doudoune » bien méritée, nous nous sommes divisés en petits groupes pour monter le camp…sauf Camille et moi qui, comme on avait froid, avons décidé de faire une petite balade pour atteindre un point de vue sur le Mont Thor.

Petite montée rigolote, quelques traces de caribous et de renards, quelques glissades sur les fesses…et on arrive à un point de vue pas mal…

Après un bon diner chaud, on part se refugier dans la tente…et c’est assez difficile de dormir : des rafales de 60 à 70 km/h de vent (estimation faite par notre guide…) secouent la tente (qui va d’ailleurs se détacher partiellement). Nuit agitée donc!!

-          J2: boucle de Windy Lake en passant par le Mont Thor

Tout d’abord aujourd’hui c’est la journée où je me débarrasse de la nourriture!! Et oui,  je transportais les repas du 27…je vais être légère!!

Une fois n’est pas coutume, ce matin on a du Nutella au petit-déjeuner. Évidemment le Nutella a gelé…mais rien ne nous arrête : après l’avoir réchauffé au bain-marie on peut même le tartiner!

Cette journée est de loin la journée la plus chaude et la plus ensoleillée du voyage! Et je dois avouer que d’un point de vue paysage c’était aussi une des journées les plus impressionnantes.

Nous partons donc le ventre bien plein…et après quelques mètres seulement nous tombons face à un lièvre arctique tout blanc. Notre premier (et seul) animal du parc!

Après quelques instants d’observation, nous arrivons a la conclusion que quand même il ressemble franchement au lapin d’Alice au Pays des Merveilles à la différence près qu’il n’a pas de montre (merci à Damien pour cette observation).

La marche d’aujourd’hui nous permet tout d’abord de monter admirer Windy Lake tout gelé et d’avoir une vue plongeante sur la vallée avec le Mont Thor en arrière-plan.

 

Puis nous redescendons dans la vallée et nous approchons du Mont Thor.

Après quelques glissades et quelques chutes, beaucoup de photos, un ou 2 approvisionnements en eau, un repas au soleil sur une grosse pierre, … nous faisons demi-tour et rentrons au camp.

 

-          J3 : de Windy Lake à Overload

Réveil matinal et frais. En effet il y a du givre partout : à l’extérieur ET à l’intérieur de la tente…ce qui inclut aussi sur le sac de couchage. Il faut donc se motiver pour sortir de la chaleur relative du sac de couchage…et une fois dehors le paysage est féerique.

On finit le pot de Nutella, démonte les tentes, refait les sacs…et c’est parti!!

Les nuages donnent un aspect mystérieux et une atmosphère de bout du monde.  Le paysage est transformé.

Nous marchons finalement jusqu’à Overload, plus loin que prévu donc, la cabane d’entrée du parc où Joe Evi viendra nous chercher en motoneige le lendemain. Tout se passe bien : les conditions de glace sont plutôt bonnes pour faire glisser le traineau (à l’exception du même passage qu’a l’aller), il fait globalement plus froid que les autres jours et il y a pas mal de vent mais on avance bien.

Arrivés à Overload, nous pelletons de la neige pour la faire fondre, nous remplissons nos bottes de talque (euh oui on est un peu humides…suite à une cassure dans la glace) et nous nous installons dans la cabine d’urgence.

-          J4 : de retour à Pang

Nous avons a peine le temps de ranger toutes nos affaires et prendre le petit-déjeuner et c’est déjà le moment de retourner a Pang : les motoneiges nous attendent…et les Inuits nous accueillent en nous annonçant la victoire des Canadiens de Montréal aux séries (nouvelle qui semble peut-être anodine pour des non-Montréalais mais qui a toute son importance même au cercle polaire apparemment!).

 

Note Inuktitut :

Pour comprendre le contexte de notre « expédition polaire » il faut tout d’abord comprendre que notre principale inquiétude était la gestion du froid.

En effet, les températures étant assez froides en général (bon là il faut avouer que nous étions plutôt dans la partie haute des moyennes saisonnières), et qu’il n’y a pas d’arbres (et donc pas de bois…et donc pas de feu), notre principale source de chaleur pour ces quelques jours a été…nous.

Il est important de ne pas avoir froid (oui parce qu’après pour se réchauffer c’est pas facile)…ni d’avoir chaud! Notre principal « ennemi » c’est l’humidité : une fois humide le froid pénètre plus rapidement et les tissus gèlent avant de sécher.

La stratégie est assez simple : avoir plusieurs couches de vêtements et les enlever/remettre en fonction de comment on se sent.

A la fin de la journée, et après avoir monté le camp, Louis-Philip nous avait fourni une grosse doudoune en duvet qu’on mettait par-dessus notre équipement de la journée. Super agréable, très sexy et…nécessaire en fait!

Évidemment toutes nos affaires étaient aussi sujettes à geler (en particulier la nourriture, la crème, le dentifrice, l’eau…) ou à devenir particulièrement froides. La méthode pour, par exemple, ne pas avoir à remettre des vêtements gelés le matin (et je n’exagère pas quand je dis « gelés », c’est littéralement le cas), c’est de les garder dans le seul endroit chaud de la tente pendant la nuit : le sac de couchage! Il faut donc s’imaginer le nombre de choses qui trainent dans le sac de couchage pendant la nuit!! Appareil photo, gourde, vêtements, graines, crème solaire (oui oui ca gèle et après c’est plus difficile à étaler), lingettes nettoyantes (c’est pas vraiment agréable de se « laver » avec une lingette à moitié durcie par le gel), gants, bonnet, …

C’est donc une question de logistique quand on va se coucher : ne pas oublier de mettre le nécessaire dans le sac de couchage, bien fermer la capuche pour ne laisser dépasser que le strict nécessaire en dehors (c’est-a-dire le nez pour respirer) et ne plus bouger!!

Autre petite astuce pour réchauffer son sac de couchage plus vite : mettre une gourde pleine d’eau chaude genre bouillote, et courir un peu avant de se coucher.

Toute une organisation!!!

En moyenne, nous avons eu des températures entre -10 et -15 la nuit et entre -5 et -10 la journée (sans compter le facteur vent dans le parc), ce qui globalement est plutôt chaud pour l’endroit et la saison.

Notez aussi que durant la journée, il est important de penser à mettre son lunch au chaud si on ne veut pas manger une tortilla gelée. D’ailleurs en parlant de ca, Camille a été élue Miss Tortilla à la majorité…puisqu’elle était capable de mettre toutes les tortillas des lunchs dans sa doudoune bleue tellement il y avait de la place!





Canadian Arctic Adventure – Pang et Auyuittuq National Park

10 06 2010

Sac: check, tortillas: check, équipement de ski et de camping: check, billet d’avion: check…c’est parti pour l’aventure!!

On quitte le B&B d’Iqaluit sous le soleil avec nos sacs et tout l’équipement de ski et de camping d’hiver.

Après avoir fait le check-in de tous nos sacs et de notre traineau, on embarque dans un super avion à hélices plein (18 personnes quand même!). Voyage fait sans encombre et dans une ambiance euphorique…on a trop hâte d’arriver!

Atterrissage impressionnant à Pang: la vue est superbe, et Pang est une communauté assez petite (~1600 habitants). Dès l’arrivée, on récupère tout notre matériel et on se dirige directement au Centre des Visiteurs de Parc Canada pour assister au briefing sécurité/information qui nous donne le droit d’entrer dans le parc.

La topologie du parc est assez particulière : 1 vallée et une calotte glacière (qui représente 80% de la superficie du parc). Normal donc que 99% des visiteurs restent dans la vallée (ce que nous allons faire aussi)!

Nous apprenons donc que le plus grand danger dans le parc ce n’est pas de se faire manger par un ours…mais bien de tomber dans un trou ou dans l’eau!! D’autant plus que d’après les « alertes ours » nous avons très peu de chance d’en croiser un. En plus nous serons les 7 seules personnes dans le parc…une impression d’être seuls au bout du monde!

 

Par contre, surprise! Comme il n’y a pas assez de neige (qui l’eut cru??), nous abandonnons l’idée de partir en ski de rando : c’est donc parti pour la bonne vieille méthode de randonnée pédestre, avec des crampons parce que faute de neige il y a quand même pas mal de glace.

Après avoir revérifié et rééquilibré les sacs, nous nous installons confortablement dans les traineaux derrière les snowmobiles pour arriver jusqu’à notre premier camp. Voyage un peu « bumpy » mais vraiment magnifique.

 

 

Premier soir dans le parc :

-  Montage des tentes : 1h30,

-  Corvée d’eau : 15 minutes + 1 chaussure humide et 6 doigts gelés,

-  Montée pour admirer Crater Lake a la lueur de la lune : 30 minutes + quelques photos,

-  Premier diner : des nouilles chinoises dans la tente!

Note Inuktitut : la gestion de l’eau et des déchets dans les communautés de l’Arctique

C’est un sujet qui nous semble banal : de l’eau qui sort du robinet quand on l’ouvre c’est assez normal dans le « Sud »…mais ici c’est une autre histoire. Nous n’avons pas manqué d’eau du tout, ce n’est pas ce que je voulais dire. On a seulement remarqué un mystérieux « ballet » de camions qui sillonnaient les rues tous les jours et d’étranges petites lumières fixées a chaque maison bien en évidence à côté.

L’explication est assez simple…

L’eau est en fait acheminée par camion dans chaque maison et les déchets des toilettes sont pompés par ces mêmes camions. Quand la petite lumière devant la maison s’allume (ou s’éteint…en fonction de la communauté dans laquelle vous vous trouvez), les conducteurs de camions qui sillonnent les routes s’arrêtent pour ravitailler.

Le désavantage de cette technique est bien entendu qu’en cas de tempête on ne sait pas trop quand pourra avoir lieu le prochain ravitaillement…








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